Révélations sur la 71e assemblée mondiale de la santé : santé publique VS profit privé

09 juillet 2018 | Promotion de l'allaitement

Ce 8 juillet 2018, l’histoire la plus partagée dans le New York Times portait sur l’allaitement maternel – en particulier, sur la façon dont le gouvernement américain a menacé plusieurs pays de sanctions commerciales et de retrait du soutien militaire si ceux-ci soutenaient une résolution demandant plus de soutien pour les mères allaitantes et leurs bébés.

D’après le Times, qui vient de publier un compte-rendu de ce qui s’est passé pendant l’assemblée mondiale de la santé du 26 mai 2018,  les responsables américains ont chercher à édulcorer la résolution en supprimant notamment le libellé qui demandait aux gouvernements de « protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel ».

Pour Patti Rundall, directrice politique du groupe britannique Baby Milk Action, qui assiste aux réunions de l’assemblée, l’organe décisionnel de l’Organisation mondiale de la santé, depuis la fin des années 1980 : « Ce qui s’est produit équivaut à du chantage, les États-Unis tenant le monde en otage et tentant de renverser près de 40 ans de consensus sur la meilleure façon de protéger la santé des nourrissons et des jeunes enfants « .

Pourquoi le gouvernement américain s’opposerait-il au plaidoyer mondial en faveur de l’allaitement maternel ? Alors les lobbyistes de l’industrie des aliments pour bébés ont assisté aux réunions à Genève, Alison Stuebe, une médecin membre de l’Academy of Breastfeeding Medicine, démontre dans un article récent que profit privé et santé publique sont liés : « pour l’industrie laitière et l’industrie des préparations pour nourrissons, c’est une question de part de marché. Chaque fois qu’un bébé est allaité, l’industrie des préparations pour nourrissons de 70 milliards de dollars perd une vente ».

La résolution  sur l’alimentation du nourrisson et du jeune a finalement été adoptée avec quelques changements.

 

Pour aller plus loin :