Impact de l’exercice physique sur la composition du lait maternel, en lien avec le développement du poids infantile

30 décembre 2020 |

Une étude suggère que lorsque les nouvelles mères font de l’exercice physique, elles améliorent probablement la santé métabolique à long terme du nouveau-né.

L’étude, menée par le Joslin Diabetes Center (USA) et publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, s’est construite sur l’hypothèse que les variations de la composition du lait entre les mères puissent expliquer certains des écarts qui ont été observés en termes d’obésité infantile et de risque de diabète. En d’autres termes, certaines mères peuvent avoir de plus grandes quantités de facteurs de protection dans leur lait. L’étude s’est donc intéressée aux composants spécifiques du lait maternel responsables des effets protecteurs sur l’obésité infantile. L’objectif étant de savoir si l’acide 12,13-dihydroxy-9Z-octadécénoïque (12,13-diHOME), un métabolite de l’acide linoléique oxydé et activateur du métabolisme des graisses brunes, est présent dans le lait maternel ou s’il est lié à l’adiposité infantile.

L’étude a bien permis d’identifier le 12,13-diHOME dans le lait maternel humain.  L’abondance du métabolite est positivement associée à l’IMC à la naissance mais négativement associée à diverses mesures de l’adiposité, de l’IMC et de la masse grasse 6 mois post-partum. D’autres modèles similaires de métabolites ont également été identifiés. Tous ces métabolites sont impliqués dans le phénomène de “brunissement” des cellules graisseuses, qui est un processus lié à une augmentation de la dépense énergétique dans le tissu adipeux, et donc les nourrissons qui reçoivent des niveaux plus élevés de métabolites devrait bénéficier de modes de croissance plus sains (et potentiellement éviter l’obésité infantile).

Enfin l’étude suggère que la pratique d’exercice physique par la mère entraîne des différences mesurables dans la composition du lait maternel. Les mécanismes sous-jacents à ce phénomène n’ont pas été clairement identifiés, mais la pratique d’exercice physique, même modérément, semble permettre de booster le taux du métabolite lipidique 12,13-diHOME dans le lait maternel, ce qui est associé à un gain de poids et à une composition corporelle bénéfiques pour le nourrisson au début de la période postnatale.

L’étude présente néanmoins certaines limites, notamment le fait que sa conception méthodologique empêche de prouver définitivement la causalité entre 12,13-diHOME et les niveaux d’adiposité chez les nourrissons.

WOLFS, Danielle, LYNES, Matthew D., TSENG, Yu-Hua, et al. Brown fat-activating lipokine 12,13-diHOME in human milk is associated with infant adiposity. The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Novembre 2020.

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Publié par : JC, Documentaliste IPA.

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